​Les droits de l’enfant ne se négocient pas. ( Par Cheikh Oumar Ba) 

  En cette Journée mondiale de l’enfance le Bureau international des droits des enfants (IBCR) rappelle une évidence : les droits de l’enfant ne sont ni relatifs, ni optionnels. Ils sont universels et engagent tous les États, comme ici, au Sénégal.. Cela fait 36 ans que les enfants peuvent compter sur un texte international consacrant leurs droits. La Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) des Nations unies est le traité international le plus ratifié à ce jour, 196 États sur 197 l’ayant ratifié. Pourtant, cette ratification porte en elle un étrange paradoxe : les droits de l’enfant restent loin d’être une réalité pour tous les enfants. Qui pourrait bien s’opposer à la concrétisation des droits de l’enfant ?. Trop souvent, les contextes politiques locaux, les normes sociales, les contraintes financières et matérielles ou les crises sont invoqués pour justifier une atteinte à ces droits. Pourtant, en s’engageant envers les droits de l’enfant, nous avons pris un engagement collectif de tout faire pour que ces droits s’incarnent quotidiennement pour tous les enfants. En ratifiant la Convention relative aux droits de l’enfant, puis, la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (CADBE), nos États ont reconnu leur responsabilité de faire respecter ces droits pour tous les enfants, en tout temps, et pas seulement en période de paix ou de prospérité. Il ne s’agit pas d’une question de bonne volonté ou d’application à la carte, mais d’obligations juridiques précises et contraignantes.. L’actualité récente nous fournit des exemples concrets de la négociation de ces droits par nos gouvernements au nom d’idéologie, de calculs politiques ou de pressions sociales. Et parce que chaque renoncement, chaque accroc à un droit fragilise la force et la portée de celui-ci, il appartient aux États de transformer leurs engagements en actes.. Pour le Bureau international des droits des enfants (IBCR), cette constatation est encore plus pressante dans le contexte actuel d’érosion des droits humains. Il faut continuer à rappeler l’évidence : lorsque nos droits vacillent, ceux et celles dont la voix porte moins sont les premiers touchés. Au premier chef, les enfants.. Ainsi, malgré des avancées notables au Sénégal, il reste encore à renforcer le cadre national de protection de l’enfant.. L’IBCR se joint aux organisations de la société civile pour appeler à une augmentation de 3% des ressources publiques consacrées à la protection de l’enfant et à l’adoption rapide du Code de l’enfant, indispensable pour disposer d’un cadre juridique pleinement conforme aux normes internationales.