À Séléty, village frontalier du Sénégal avec la Gambie, la colère monte. Plus de 30 hectares de terres ont été occupés par des ressortissants gambiens qui y produisent, morcellent et revendent des parcelles. Face à l’inaction des autorités, les habitants interpellent l’État et préviennent : si rien n’est fait, la jeunesse pourrait reprendre les terres par elle-même.
La situation à Séléty est devenue explosive. Selon Ismaïla Coly, président de l’UDS (Union pour le Développement de Séléty), les terres de la localité sont menacées par une occupation illégale. « Nous avons pris des photos, transmis des rapports, mais l’État n’a jamais réagi », déplore Ismaëla Coly. Les zones situées entre Djiboro et Omoto, ainsi que vers Brome, sont aujourd’hui exploitées par des Gambiens qui cultivent et revendent des parcelles, aggravant la frustration des populations locales.
Les responsables du village, dont le chef et les notables, prônent la patience et le respect des autorités. Mais la jeunesse, elle, est prête à agir. « Si l’État ne fait rien, la population finira par prendre ses responsabilités », avertit Coly, soulignant le risque d’un affrontement communautaire. Les leaders tentent de calmer les ardeurs, mais préviennent qu’ils ne pourront contenir indéfiniment la colère des jeunes.
Au-delà de Séléty, ce problème révèle la fragilité des zones frontalières sénégambiennes. La matérialisation des bornes, amorcée dans d’autres localités, visait à éviter ce type de litiges. Mais sur le terrain, les habitants attendent des actes concrets : délimiter clairement les parcelles, restituer les terres aux ayants droit et garantir la souveraineté nationale.
Pour les populations de Séléty, il ne s’agit pas seulement de terres agricoles, mais de dignité et de survie. Elles interpellent l’État pour qu’il prenne ses responsabilités et évite que la frontière ne devienne un foyer de tensions incontrôlables.
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