L’exécution de Christa Pike, condamnée à mort aux États-Unis en 1996, a échoué ce mercredi 30 septembre. Provisoirement repoussée, sa mise à mort par injection létale avait finalement été autorisée par la Cour suprême. Ses avocats ont précisé que la quinquagénaire recevait à l’heure actuelle des soins dans un hôpital du Tennessee.
Après trois décennies passées dans le couloir de la mort, son exécution a échoué. Condamnée à la peine capitale en 1996 pour le meurtre d’une de ses camarades de classe, Christa Pike devait être exécutée mercredi 30 septembre. Repoussée in extremis par une cour d’appel fédérale, moins d’une heure avant la procédure, sa mise à mort avait finalement été autorisée par la Cour suprême, à majorité conservatrice.
L’injection létale, administrée peu après, a néanmoins « échoué », ont annoncé les avocats de la condamnée. La quinquagénaire a été hospitalisée dans la foulée. « Ce soir, l’État du Tennessee a une fois de plus échoué à procéder à une exécution légale », ont écrit dans un communiqué les défenseurs de Christa Pike, qui devait être la première femme exécutée dans cet État du centre des États-Unis depuis plus de 200 ans.
Toutes les exécutions suspendues
Des témoins de l’exécution cités par les médias américains avaient auparavant affirmé que Christa Pike avait continué à respirer et à ronfler de façon audible après avoir reçu les deux injections censées la tuer. Les autorités pénitentiaires n’ont fait aucun commentaire dans l’immédiat.
Dans la foulée, le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, a suspendu les exécutions encore prévues cette année dans l’État tout en ordonnant l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de l’échec de l’application de la peine de Christa Pike.
Condamnée pour meurtre
La dernière exécution d’une femme aux États-Unis remonte à celle, en 2023 dans le Missouri, d’Amber McLaughlin, qui était également la première femme transgenre à être exécutée dans le pays. Au total, 18 femmes ont été exécutées aux États-Unis depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, soit à peine plus d’1 % des exécutions, selon l’observatoire spécialisé Death Penalty Information Center (DPIC).
Christa Pike a été condamnée à 18 ans à la peine capitale pour la torture et le meurtre en 1995 de sa camarade de classe, Colleen Slemmer, 19 ans. Dans cette affaire de rivalité amoureuse, la meurtrière avait reçu l’aide de son petit ami de l’époque, âgé de 17 ans au moment des faits, et d’une autre jeune fille, d’un an son ainée. Les deux complices ont échappé à la peine de mort, le premier ayant écopé de la prison à perpétuité et la seconde seulement d’une peine avec sursis en échange d’un témoignage contre les deux autres jeunes.
Les avocats de Christa Pike affirmaient que sa défense lors de son procès en 1996 n’avait pas invoqué les circonstances atténuantes dont elle aurait dû bénéficier, notamment les traumatismes et les violences, en particulier sexuelles, subies depuis son plus jeune âge. Elle a été diagnostiquée tardivement pour trouble bipolaire et stress post-traumatique provoqué par ces violences.
La décision de la cour d’appel fédérale de suspendre provisoirement son exécution avait été justement motivée par ces raisons. La cour avait voulu se donner le temps de trancher sur la recevabilité d’un recours de la défense visant à prendre en considération les violences sexuelles subies dans son enfance par la condamnée. Des violences reconnues pour la première fois par l’État du Tennessee lors d’une audience en août, sans pour autant changer sa position.