​Secteur parapublic : Fadilou Keita relance le débat sur l’architecture du financement public 

  

Le débat sur la rationalisation du secteur parapublic au Sénégal continue de susciter des réactions au sein des responsables publics. Sur sa page Facebook, le directeur général de la Caisse de Dépôts et Consignations du Sénégal, Fadilou Keita, a apporté des précisions sur l’architecture institutionnelle du financement de l’économie nationale, saluant au passage la contribution de Lansana Gagny Sakho sur cette question.

Dans sa publication, M. Keita indique avoir suivi « avec intérêt » la sortie de Lansana Gagny Sakho sur la rationalisation du secteur parapublic, qu’il considère comme « un travail important ». Il rappelle toutefois que la réflexion autour de cette problématique remonte à plusieurs années.

Selon lui, un schéma de rationalisation du financement de l’économie sénégalaise avait déjà été élaboré en 2019 sous la supervision de l’actuel président de la République, Bassirou Diomaye Faye, alors secrétaire général. Ce travail visait notamment à structurer le financement de l’économie autour de la CDC.

Le directeur général souligne également qu’à la veille de son arrestation, M. Faye lui aurait rendu visite à la Maison d’Arrêt et de Correction de Rebeuss pour lui demander de reprendre ce chantier, preuve selon lui de l’intérêt constant porté à ce dossier stratégique.
Une architecture institutionnelle à clarifier

Dans son analyse, Fadilou Keita rappelle que la CDC, créée par la loi n°2006-03 du 4 janvier 2006 et réformée en 2017 pour permettre la création de filiales, joue le rôle d’investisseur institutionnel au service de l’intérêt général.
À ce titre, l’institution intervient dans plusieurs domaines clés, notamment :
le financement du logement social et de standing ;
les équipements des collectivités territoriales ;
la politique de la ville ;
le soutien aux petites et moyennes entreprises ;
ainsi que les projets stratégiques définis par l’État.
Il estime toutefois que certaines redondances observées dans le secteur parapublic sont liées à la création de nouvelles structures poursuivant des objectifs similaires.
Parmi elles figure le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS), institué par la loi n°2012-34 du 31 décembre 2012. Dans l’exposé des motifs de ce texte, il est précisé que le FONSIS est appelé à travailler avec d’autres entités publiques, dont la CDC.

Pour illustrer la coexistence de plusieurs instruments publics d’investissement, le directeur général de la CDC évoque le cas du Caisse de Dépôt et de Gestion au Maroc, qui cohabite avec un fonds souverain et d’autres structures économiques majeures comme le OCP Group.
Il cite également l’exemple de la Caisse de dépôt et placement du Québec au Canada, active dans plusieurs segments économiques en collaboration avec d’autres institutions financières.
Dans cette perspective, il rappelle qu’au Maroc, la Caisse de Dépôts et de Gestion avait absorbé la Banque Nationale pour le Développement Économique (BNDE) en 2003 dans le cadre d’une réorganisation du secteur.

Vers une meilleure coordination
Au-delà des comparaisons internationales, Fadilou Keita insiste sur la nécessité de mieux délimiter les périmètres d’intervention des différentes institutions publiques. Une clarification qui, selon lui, permettrait de renforcer l’efficacité, la cohérence et l’impact des politiques publiques de financement de l’économie.

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