​Pool judiciaire financier : Aliou Sall et son épouse face à deux juges d’instruction 

  

L’enquête visant l’ancien maire de Guédiawaye, Aliou Sall, et son épouse Aïssata Sall, franchit une nouvelle étape. Le couple, placé sous contrôle judiciaire depuis octobre 2025, a été auditionné au fond durant une heure et demie ce lundi par le Pool judiciaire financier (PJF).

L’interrogatoire s’est tenu dans un dispositif inhabituel, marqué par la présence de deux juges d’instruction, Idrissa Diarra et le juge Dièyé, ainsi que d’un substitut du procureur. « Ce sont les deux qui avaient posé l’inculpation et ce sont les mêmes qui ont conduit l’audition », a expliqué Me El Hadji Diouf dans les colonnes de L’Observateur. L’avocat précise que la présence rare d’un représentant du parquet à ce stade de l’instruction prouve l’importance capitale accordée au dossier, tout en martelant que l’accusation n’est en réalité que « du vent ».

Campant sur leur position, les époux Sall ont rejeté l’intégralité des griefs d’association de malfaiteurs et de blanchiment de capitaux. « Aliou Sall a démonté pièce par pièce le rapport de la Centif. Il a tout expliqué. On ne peut absolument rien lui reprocher. Tout s’est passé entre deux privés qui avaient leur projet. Tout est normal, rien n’est irrégulier », souffle Me Diouf.

D’après la robe noire, l’ancien directeur de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) a répondu point par point aux griefs, affirmant que les opérations en cause relèvent de transactions privées régulières. La défense soutient qu’aucune infraction n’a été commise et qualifie le dossier de « vide ». Concernant Aïssata Sall, il a été rappelé qu’elle ne détient que 1 % des parts de la société concernée et ne joue aucun rôle décisionnel.

À l’origine du litige, rappelle le quotidien du Groupe futurs médias, les enquêteurs de la Centif avaient épinglé l’acquisition d’un terrain aux Almadies via la SCI Macoussa, pointant des mouvements de fonds jugés suspects, notamment 170 millions de francs CFA liés à la société Sertem et un prêt de 70 millions provenant d’un tiers. Aliou Sall a balayé ces doutes en justifiant ces montants par un prêt bancaire de Coris Bank et des transactions privées déjà remboursées.

« On s’achemine vers le non-lieu, ça c’est évident, et la restitution de la somme de 240 millions consignée », tranche Me Diouf. Malgré ces poursuites qu’il juge injustifiées, le frère du Président sortant, Macky Sall, a décliné l’idée de porter plainte contre le président de la Centif, affirmant préférer « pardonner ».

 

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