​Actes contre nature, transmission volontaire du VIH/Sida : L’affaire Pierre Robert renvoyée devant la Chambre criminelle 

  

Vers l’ouverture d’un procès hors norme à Dakar. L’instruction est désormais bouclée dans l’affaire « Peter Babtou », ce vaste réseau pédocriminel transnational qui secoue le Sénégal et la France. Selon les informations exclusives de Seneweb, le Doyen des juges d’instruction près le Tribunal de grande instance de Dakar a rendu son ordonnance de renvoi et de non-lieu partiel, ouvrant officiellement la voie à un procès devant la Chambre criminelle.

Si certains des quatorze suspects sénégalais initialement arrêtés ont bénéficié d’un non-lieu à l’issue de l’information judiciaire, le cœur du réseau criminel va devoir faire face à ses juges.
Un réseau d’exploitation transfrontalier actif depuis 2017
L’enquête, menée de front par la Division des investigations criminelles (DIC) dans le cadre d’une commission rogatoire internationale, a mis au jour une organisation criminelle particulièrement structurée. Opérant principalement entre le Sénégal, la France et le Maroc, ce réseau ciblait de jeunes garçons.
Le mode opératoire présumé répertorié par la police nationale décrit un système d’exploitation sexuelle barbare : des enfants kidnappés, recrutés, puis soumis à des abus sexuels systématiques, régulièrement filmés par les assaillants.
Au sommet de cette pyramide criminelle se trouve Pierre Robert, un restaurateur français connu sous l’alias de « Peter Babtou ». Soupçonné d’avoir orchestré ce trafic pendant près d’une décennie, il avait été interpellé par les autorités françaises en avril 2025 à Beauvais.
Des complicités locales rémunérées
Pour asseoir son emprise sur le territoire sénégalais, la tête pensante du réseau s’appuyait sur des relais locaux. Les investigations de la DIC ont ainsi permis de confondre quatre individus qualifiés de « formateurs ». Lors de leurs auditions, ces derniers sont passés aux aveux, reconnaissant avoir agi sous les ordres directs de Pierre Robert en échange de transferts d’argent réguliers.
Les opérations policières, marquées par de multiples perquisitions aux Almadies, à Ouakam, à Kaolack et à Tivaouane Peulh, ont permis de saisir de nombreux éléments matériels venant appuyer l’accusation.
Un catalogue de chefs d’accusation criminels
Le 6 février 2026, la DIC avait déféré un groupe de quatorze individus de nationalité sénégalaise au parquet de Dakar. Parmi eux figurent notamment Amath Lo, Malick Sène Gueye, Birame Senghor, Matar Sylla, Babacar Diallo, Aliou Goudiaby, Moussa Ba, Abdou Lakram Gaye, Serigne Dame Mbow, Mamadou Badiane, Seydou Sangharé, Abdoulaye Sall Dieng, Papis Danfa et Cheikh Tidiane Diallo.
Ceux dont les charges ont été retenues par le magistrat instructeur devront répondre de crimes d’une extrême gravité :
  • Criminalité organisée : Association de malfaiteurs, traite d’êtres humains et proxénétisme en bande organisée.
  • Abus sur mineurs : Viol commis sur un mineur, actes de pédophilie et actes contre nature.
  • Santé et stupéfiants : Transmission volontaire du VIH/Sida, détention et usage de drogue.
Avec le renvoi prononcé devant la Chambre criminelle de Dakar, la justice sénégalaise s’apprête à examiner l’un des dossiers de pédocriminalité les plus lourds de son histoire récente.

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