Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a annoncé son abstention sur la loi de finances rectificative 2026, un choix qu’il maintiendra en plénière. Il dénonce un budget fondé sur des prévisions de recettes non sincères, avec une baisse des recettes de 340 milliards FCFA, un investissement public amputé de 555 milliards et un déficit à 7,6 % du PIB.
Par cette abstention, le groupe refuse de donner quitus à cette gestion sans bloquer les institutions, et estime que cette LFR signe l’acte de décès du Plan de Redressement Economique et Social (PRES).
Ci-dessous l’intégralité du communiqué.
Le vendredi 23 octobre 2026, la Commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale a examiné le projet de loi de finances rectificative au titre de l’année 2026.
La majorité Pastef l’a rejeté. Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, quant à lui, s’est abstenu.
Le groupe souhaite exposer au peuple sénégalais les raisons de ce choix mûrement réfléchi, qu’il compte maintenir lors du vote en plénière, et ce, quelle que soit l’attitude finale de la majorité.
1/. Tout d’abord, les recettes de l’État étant réduites de 340 milliards de francs CFA, ce projet de loi reconnaît officiellement que le budget voté il y a quelques mois reposait sur des prévisions de ressources non sincères, au mépris de l’article 30 de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF). Celles attendues du Plan de Redressement Economique et Social reculent à elles seules de 451 milliards.
Pire, plusieurs mesures présentées à la Nation par Monsieur Ousmane Sonko, alors Premier ministre et chef de file de Pastef, comme des sources de revenus n’ont finalement rien rapporté, et ce, de l’aveu même du Gouvernement actuel.
Dans le même temps, l’investissement public perd 555 milliards et le déficit atteint 7,6% du PIB, soit plus du double de la norme communautaire. Pour davantage affaiblir la situation économique déjà difficile, le Gouvernement annonce, dans la LFR, un durcissement de sa politique de répression fiscale sur des entreprises déjà exsangues.
2/. Ensuite, le groupe Takku Wallu Sénégal déplore que le débat à l’Assemblée ne porte pas sur l’intérêt national.
Il oppose deux alliés qui ont conduit ensemble le pays dans l’impasse.
Le budget que Pastef rejette aujourd’hui a en effet été élaboré et défendu par Monsieur Ousmane Sonko lorsqu’il était Premier ministre.
Le Président Bassirou Diomaye Faye l’a promulgué, puis en a aggravé les déséquilibres. Le rejeter aujourd’hui reviendrait à prendre part à une querelle interne.
3/. Enfin, le groupe Takku Wallu Sénégal rappelle que le paiement des agents publics, le fonctionnement des services essentiels et les engagements de la Nation ne doivent pas être pris en otage par une rivalité de pouvoir.
Par son abstention, il refuse de donner quitus à cette gestion, sans pour autant bloquer les institutions. Avec cent trente députés, la majorité portera seule la responsabilité de toute paralysie.
Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal tiendra une conférence de presse dans les jours à venir, afin de mieux informer l’opinion nationale sur les dérives de la gestion du duo au pouvoir.
Cette loi de finances rectificative signe l’acte de décès du Plan de Redressement Economique et Social (PRES).