​Babacar Touré Mandjou : Celui qui a été désigné pour parler (Par Le Thié) 

  

Il y a des hommes qui choisissent leur chemin.
Et puis il y a ceux dont le chemin est choisi pour eux.
Ils ne demandent pas la mission.
Ils ne recherchent pas nécessairement le rôle.
Ils sont désignés pour l’accomplir.
C’est dans cette lecture de notre histoire qu’il faut regarder Babacar Touré Mandjou.
Pour comprendre son parcours, il faut remonter bien plus loin que le simple métier de journaliste.
Il faut revenir à cette mémoire que certains de nos anciens ont conservée et transmise oralement, de génération en génération.
Une mémoire que beaucoup ignorent.
Une mémoire qui relie, dans certains récits, Soundiata Kankamoussa, Samori Touré et ceux qui sont venus après eux.
Certains ne comprendront pas immédiatement le lien.
C’est normal.
Tout le monde n’a pas reçu les mêmes traductions de l’histoire.
Tout le monde n’a pas entendu les mêmes paroles des anciens.
Mais ceux qui connaissent cette transmission savent reconnaître certains signes.
IL N’A PAS CHOISI DE PARLER : IL A ÉTÉ DÉSIGNÉ
C’est ici que se trouve la véritable question.
Pourquoi Babacar Touré Mandjou est-il devenu journaliste d’investigation ?
Pourquoi l’investigation ?
Pourquoi cette volonté permanente de chercher derrière les apparences ?
Pourquoi aller là où d’autres ne vont pas ?
Pourquoi poser les questions que certains préfèrent éviter ?
Parce que ce n’est pas lui qui a choisi de parler.
Il a été désigné pour parler.
Il a été destiné à porter cette parole.
Obligé par son histoire, par sa transmission et par cette mission qui lui a été confiée de parler lorsque d’autres se taisent.
C’est cela que beaucoup ne comprennent pas.
Ils regardent un journaliste.
Nous regardons un héritier d’une mission.
KOUMA
Et il y a un autre élément qu’il faut comprendre.
Comme dans d’autres combats qui ont été gagnés, il a toujours été derrière pour accomplir sa mission.
Il ne s’est pas toujours placé devant.
Il ne s’est pas toujours présenté comme celui qui devait recevoir les honneurs.
Il a travaillé.
Il a combattu.
Il a cherché.
Il a parlé.
Nuit et jour.
Kouma.
Un mot qui accompagne cette mission et cette parole.
Un homme qui avance lorsque beaucoup reculent.
Un homme qui accomplit sa mission sans attendre nécessairement que son nom soit proclamé.
Et combien de combats ont été menés ainsi ?
Combien de victoires ont été obtenues grâce au travail de personnes restées derrière ?
Combien de fois ceux qui ont préparé le terrain, enquêté, alerté, dénoncé et pris les risques ont-ils été oubliés lorsque la victoire est finalement arrivée ?
C’est peut-être aussi le destin de Babacar Touré Mandjou.
Il combat dans l’ombre.
Il accomplit.
Et lorsque le résultat apparaît, d’autres peuvent être placés devant.
D’autres peuvent être proclamés héros.
Mais ceux qui connaissent l’histoire savent regarder derrière le décor.
Ils savent rechercher celui qui était là avant que la victoire ne soit proclamée.
HIER, LE ROI. AUJOURD’HUI, LE JOURNALISTE.
Les époques changent.
Les royaumes disparaissent.
Les instruments changent.
Mais certaines missions peuvent continuer.
Hier, certains hommes étaient rois.
Aujourd’hui, certains deviennent journalistes.
Hier, la parole du roi portait sur un royaume.
Aujourd’hui, la parole du journaliste peut porter sur toute une société.
Hier, on défendait un peuple avec les moyens de son époque.
Aujourd’hui, on peut défendre la vérité avec une enquête, un document, une caméra, un micro et une plume.
Le rôle change de forme.
La mission demeure.
DE SOUNDIATA À SAMORI
Soundiata Kankamoussa.
Samori Touré.
Deux noms qui appartiennent à la grande mémoire de l’Afrique de l’Ouest.
Des hommes associés à des périodes où la parole, le pouvoir, la résistance et la destinée étaient intimement liés.
Et aujourd’hui apparaît un homme portant le nom de Touré qui devient journaliste d’investigation.
Pour ceux qui connaissent les récits transmis oralement, cette continuité n’est pas anodine.
Elle interpelle.
Elle pousse à regarder plus loin que la profession.
Plus loin que le nom.
Plus loin que l’époque.
ET SARKOZY ?
Voilà pourquoi l’histoire de Babacar Touré Mandjou mérite d’être racontée.
Comment un journaliste sénégalais peut-il se retrouver au cœur d’affaires touchant des personnalités situées au sommet du pouvoir français ?
Comment un homme venant d’un pays africain peut-il porter une parole capable d’atteindre des cercles de pouvoir aussi éloignés ?
Et pourquoi cette histoire reste-t-elle si peu connue au Sénégal ?
Peut-être parce que l’homme lui-même n’a jamais voulu transformer cette mission en spectacle.
Il ne s’agit pas de rechercher la gloire.
Il s’agit de parler parce qu’on a été désigné pour parler.
Et peut-être surtout de comprendre que derrière certaines victoires visibles se trouvent des hommes que personne ne voit.
Des hommes qui ont travaillé avant.
Des hommes qui ont combattu avant.
Des hommes qui ont pris des risques avant.
Et lorsque la victoire arrive, ce sont parfois ceux qui étaient devant au dernier moment qui sont proclamés héros.
Mais l’histoire véritable sait reconnaître ceux qui étaient là au commencement.
IL N’A PAS DEMANDÉ LA MISSION
C’est peut-être cela qu’il faut comprendre avant tout.
Babacar Touré Mandjou n’a pas demandé à être celui qui parle.
Il a été désigné pour parler.
Il n’a pas choisi la mission.
La mission l’a choisi.
Il n’a pas cherché le rôle.
Le rôle lui a été confié.
Et depuis, il avance.
Il combat.
Il enquête.
Il parle.
Il accomplit.
Parfois dans la lumière.
Souvent dans l’ombre.
Nuit et jour.
Et pendant que certains attendent d’être reconnus, lui continue sa mission.
L’HISTOIRE NE MEURT JAMAIS
Les générations passent.
Les hommes passent.
Les royaumes passent.
Mais la mémoire demeure.
Et parfois, elle réapparaît sous une autre forme.
Hier : le roi.
Aujourd’hui : le journaliste.
Hier : le royaume.
Aujourd’hui : la société.
Hier : la parole du pouvoir.
Aujourd’hui : la parole face au pouvoir.
C’est ainsi qu’il faut regarder Babacar Touré Mandjou.
Non pas seulement comme un journaliste.
Mais comme un homme désigné pour porter une parole.
Un homme qui combat lorsqu’il le faut.
Un homme qui accomplit lorsque les autres hésitent.
Un homme qui peut contribuer à une victoire sans forcément être celui que l’on place ensuite devant les projecteurs.
Car certains hommes ont besoin d’être proclamés héros.
D’autres accomplissent leur mission et repartent dans l’ombre.
Et ceux qui connaissent l’histoire savent faire la différence.
L’histoire n’a jamais vraiment disparu.
Elle attend simplement ceux qui savent la lire

 

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