Le Président Diomaye opte pour le référendum
Le président Diomaye n’a pas pipé mot sur la suppression de la laïcité de l’Etat. Voilà une occasion majeure pour que les musulmans sénégalais posent ce problème qui les empêche de vivre pleinement leur foi religieuse et de demander en même temps la révision, la suppression de l’article premier de la constitution.
En effet, l’inscription ou l’adoption de la laïcité de l’État dans notre Constitution n’a jamais fait l’objet d’un référendum ou de consultations populaires. Effectivement, c’est en 1959, à Saint Louis avec l’Assemblée constituante qui était composée de 49 membres dont Léopolod Sédar Senghor, Théophile James, Gabriel d’Arboussier, André Guillabert, Léon Boissin Palin, Ibrahima Seydou Ndao etc. qu’a été adopté en catimini et en force la laïcité de l’État. C’est à ce jour, malgré l’opposition ferme de Ibrahima Seydou Ndao, que cette assemblée constituante avait inscrit dans notre Constitution, en son article premier, que le Sénégal est une République laïque et démocratique. Voilà comment la laïcité de l’État a été inscrite dans notre Constitution. Aujourd’hui, le président Diomaye et la majorité parlementaire Pastef engagent une bataille pour la révision de l’article 37 de la Constitution pour la déclaration de patrimoine et la gestion des fonds politiques. Voilà une occasion majeure pour que la Oummah islamique sénégalaise demande en même temps la révision, la suppression de l’article 1 de la Constitution du Sénégal qui proclame la laïcité de l’État au Sénégal.
A la veille du référendum brandi par le président Diomaye Faye, annoncé par le ministre de la justice, Moussa Sarr, à l’assemblée nationale, nous, mensuel le jour – al yawmou, souhaiterions vous entretenir de la laïcité de l’Etat.
En tant que mode ou système de vie, c’est une contrainte pour l’islam qui enseigne un système de vie différent et un projet de société différent. C’est pourquoi la laïcité de l’Etat et l’islam ne sont pas compatibles.
Nous souhaiterions ainsi éclairer ce qu’est la laïcité de l’Etat qui n’est pas de la neutralité ou bien un concept qui prône l’équidistance entre l’Etat et la religion ou l’Etat et les confréries. D’ailleurs, c’était pour combattre la religion que la laïcité de l’Etat a vu le jour en France. C’est un concept qui organise la vie de l’homme à tout point de vue sans y impliquer Dieu. Les occidentaux l’ont répandu dans le monde entier, surtout dans les pays musulmans, pour inspirer aux hommes de vivre selon leur bon vouloir, non selon les directives ou injonctions de Dieu. Dans la laïcité de l’Etat, tout ce que Dieu a interdit est permis et inversement. C’est le cas du vin, de de la loterie, du concubinage etc. Et c’est regrettable que des kiosques de PMU, jeu de hasard, soient implantés à Tivaouane et à l’entrée de Touba parce que présents à Mbacké.
Prenons l’exemple du code laïc de la famille du Sénégal voté en 1972. Les députés PS de Senghor n’osaient pas s’y opposer et l’avaient voté contre la volonté des chefs religieux à l’époque comme El Hadj Abdou Aziz Sy Dabakh, Serigne Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma, El Hadj Ibrahima Niass de Kaolack et El Hadj Seydou Nourou Tall. Ces derniers s’étaient ligués au nom du collectif des chefs religieux et avaient opposé leur désaccord à Senghor, en lui signifiant qu’un pareil code de la famille est aux antipodes de l’islam. Mais en catimini, Senghor a proposé ce code à ses députés qui l’ont voté à l’insu des chefs religieux.
Ce code laïc de la famille a plusieurs acquis qui sont contre l’islam. C’est le cas de l’héritage qui met l’homme et la femme a égalité, alors que l’islam donne deux parts à l’homme et une à la femme. Le même code donne plus de pouvoir à l’Etat laïc qu’à la religion musulmane. Par exemple, un mariage scellé à la mosquée conformément à la charia et la sunna n’est pas reconnu par l’Etat, car il faut que les conjoints aillent à la mairie se déclarer pour que l’Etat les reconnaisse et leur délivre un certificat de mariage. Ils peuvent y aller avec des témoins femmes ou des témoins différents de ceux qui étaient à la mosquée. La seule attestation de mariage délivrée à la mosquée ne suffit pas pour être enrôlé à l’IPM, à la caisse de sécurité sociale, à l’hôpital ou dans n’importe quel service. C’est la preuve que le mariage scellé à la mosquée n’est pas reconnu par l’Etat laïc du Sénégal. Or, Dieu a dit que quiconque ne juge pas conformément à la loi (code civil et pénal islamique) est un mécréant, un pervers, un injuste. Sourate 5, versets 44, 45 et 47.
Ici, si nous faisons une pause pour faire une observation ou une réflexion sur la situation ou le sort d’Iblis qui avait refusé d’exécuter l’ordre qui a été donné par Dieu de se prosterner devant Adam, son refus lui a valu d’être traité de mécréant. Cela nous conduit à faire attention, car tout peuple ou nation qui refuse de légiférer à partir du Coran qui est ensemble de lois et de règlements, aura le même sort qu’Iblis et sera considéré comme un peuple mécréant. « Rappelle-toi lorsque ton Seigneur dit aux anges de se prosterner devant Adam. Tous le firent excepté Iblis, qui, par orgueil, refusa et choisit le camp des mécréants ». Sourate 2, verset 34.
En somme, la loi laïque et la loi islamique sont différentes, car la loi laïque est tirée du droit laïc français importée et imposée par la France pays colonisateur. Car durant tout le règne du président Senghor, tous ses conseillers juridiques étaient des Français, issus de la coopération technique française. On peut citer quelques-uns, dont Guy Chevry et Roger Fourgeyrollas.
Aussi, dans le code laïc de la famille, il y a une option entre la monogamie et la polygamie. Si on opte pour la monogamie, c’est pour le reste de la vie, on ne pourra plus avoir une deuxième épouse. Même si on divorce avec la première, il n’est plus question de changer de régime matrimonial, c’est-à-dire qu’on reste monogame à vie. Ce code a donné trop d’acquis aux francs-maçons et aux mouvements féministes. Ces derniers ne reconnaissent plus l’autorité du père de la famille. En islam, même s’il y a concertation, c’est l’homme qui a le dernier mot. Mais les francs-maçons et les mouvements féministes remettent en cause cette puissance paternelle, ils souhaitent que le code laïc de la famille de l’Etat du Sénégal intègre l’égalité entre l’homme et la femme et veulent donner à la femme le statut de chef de famille au même titre que l’homme.
Le patron de la loge maçonnique au Sénégal a déclaré dans une interview du Soleil, numéro 6859 du 14 mars 1993, ceci : « Toutes les lois sociales au Sénégal sont cogitées dans nos loges maçonniques. Elles sont ensuite déposées sur la table du gouvernement qui en fait un projet de loi à l’assemblée nationale où nous avons beaucoup de membres qui votent ces lois comme lettre à la poste. C’est ainsi que sont votés le code laïc de la famille, la loterie nationale, le libertinage sexuel des femmes par la détention simple d’un carnet de santé ». Il ajoute : « Nous rêvons de voir tous les hommes du monde devenir un jour des francs-maçons ». Pour toutes ces raisons, nous considérons que la laïcité est de la mécréance. Dans le même entretien avec le Soleil, le chef des francs-maçons du Sénégal dit : « La franc-maçonnerie réside dans la laïcité de l’Etat ». Cela signifie que tant qu’il y a la laïcité de l’État, la franc-maçonnerie va prospérer et l’Islam ne triomphera jamais. À cause de la laïcité, les femmes se donnent la liberté de se dépigmenter, de porter des mèches, greffages ou des perruques et même de faire la chirurgie esthétique. C’est un reniement d’identité de soi. Pire, c’est un déni de soi.
Force est de constater que depuis 1960, date de notre indépendance, à aujourd’hui 2026, c’est la même constitution qui est en vigueur, car dans son article premier, il est écrit que la république du Sénégal est laïque et démocratique.
Il faut revoir cette constitution. Le président Diomaye Faye et les autorités étatiques actuelles qui prônent la vertu, la droiture, et l’intégrité, doivent revoir cette constitution qui arrange seulement la minorité chrétienne.
Il y a juste 4 % de non-musulmans sénégalais conduits par la clique de Senghor, André Guillabert et Gabriel d’Arboussier, qui étaient les gardiens de la civilisation, de la culture judéo-chrétienne, donc française, qui ont introduit la laïcité de l’Etat au Sénégal. D’ailleurs, cette laïcité de l’Etat inscrite dans notre constitution est rendue pérenne par l’Eglise catholique sénégalaise. Car en 2001, lorsque le président Wade avait proposé d’enlever de la constitution la laïcité de l’Etat et avait décidé de proposer une nouvelle constitution par référendum, le chef de l’Eglise chrétienne sénégalaise à l’époque, en la personne de Monseigneur Thiandoum, s’y était opposé. Il avait vu Wade pour lui demander de maintenir la laïcité de l’Etat, sous le prétexte que c’est elle qui arrange les chrétiens. Le Président Wade avait fini par céder, ce qui n’est pas démocratique. Car la démocratie veut que ce soit la majorité qui gouverne : un homme, une voix. Les musulmans sénégalais sont majoritaires, soient 95% de la population.
Dans la constitution du Sénégal, il est dit en son article 1er que la République du Sénégal est laïque et démocratique. Pourtant, dans la constitution de beaucoup de pays musulmans, il n’y a pas cette précision. Même dans la constitution de la République française, il n’y a pas le mot laïcité : il est seulement écrit République française, bien que toutes les lois françaises sont laïques. En Algérie, il est écrit République démocratique populaire d’Algérie. En Chine, il est écrit République populaire de Chine. Au Congo, il est écrit République démocratique du Congo. Les représentants ou gardiens du temple de la civilisation et de la culture françaises au Sénégal qui ont rédigé la première constitution de l’Etat laïc du Sénégal en 1959, ne respectent pas la démocratie, sinon ils n’auraient pas écrit République laïque et démocratique. Respecter la démocratie, c’est se plier à la loi du plus grand nombre. Or, ce grand nombre est composé de 95 % de musulmans.
Force est de reconnaître qu’à travers le monde entier, on constate que beaucoup de pays musulmans, on peut citer quelques-uns : la République islamique d’Iran, la République islamique de Mauritanie, l’Algérie, le Maroc, le Pakistan, l’Indonésie, et quelques pays africains tels que le Nigeria, leurs lois s’inspirent de l’islam. Donc dans leurs cours et tribunaux, toutes les lois en vigueur s’inspirent du code civil pénal islamique. Pourquoi ne ferait-on pas la même chose au Sénégal ? Parce que l’Iran est un pays multi-confessionnel, il y a des musulmans qui sont majoritaires, mais il y a des minorités chrétiennes, juives, zoroastriennes, etc. N’empêche, c’est le code civil pénal islamique qui est appliqué dans les cours et tribunaux iraniens. Malgré la politique de diabolisation que l’Occident a toujours menée depuis 1979 à maintenant, donc voilà, presque 50 ans, il n’y a jamais eu de conflit interreligieux en Iran. Il n’y a jamais eu de conflit entre chrétiens et musulmans ou bien musulmans et juifs. Et pourtant, c’est la loi islamique qui est en vigueur dans ce pays. Contrairement en Europe, par exemple, si on prend l’exemple de l’Irlande, entre catholiques et protestants, il n’y a jamais eu la paix. Et pourtant, ce sont des pays de culture chrétienne, où leurs lois sont laïques ou bien judéo-chrétiennes, mais ils passent tout le temps à mener une guerre entre protestants et catholiques.
El Hadj Cheikh Oumar Tall
Directeur de publication du Mensuel le jour – al yawmou