Dans un manifeste interne diffusé au sein des réseaux militants, la formation politique appelle sa base à une discipline de fer et à la non-violence. L’objectif affiché : déjouer une stratégie d’asphyxie judiciaire visant à neutraliser le parti avant l’échéance présidentielle de 2029.
Cette levée de boucliers fait suite à une série d’incidents judiciaires récents qui cristallisent les tensions à Dakar. Le parti dénonce notamment la tentative d’interpellation forcée du député Cheikh Bara Ndiaye à l’Assemblée nationale, menée au mépris de son immunité parlementaire. Un traitement de force que les militants opposent à la gestion pacifique des convocations d’Abdou Nguer, figure critique du pouvoir, illustrant selon eux une justice à deux vitesses.
La stratégie de l’étiquetage pénal
Pour les rédacteurs du texte, ces dossiers ne sont pas des cas isolés mais les rouages d’une méthode éprouvée sous l’ancien régime. L’analyse partagée avec les militants met en garde contre une provocation délibérée de l’appareil sécuritaire :
- Provoquer la faute : Pousser la base à des réactions de colère ou de violence pour légitimer l’usage de qualifications criminelles lourdes (« rébellion », « terrorisme », « atteinte à la sûreté de l’État »).
- Le levier de l’exclusion électorale : Utiliser ces procédures pour dissoudre la structure, disqualifier les dirigeants et radier massivement les sympathisants des listes électorales via des condamnations définitives.
La doctrine de la présence totale et pacifique
Face à cette menace, la direction du PASTEF impose une ligne de conduite stricte : opposer la rigueur morale et la légalité républicaine à la confrontation physique. Les patriotes sont enjoints à mener une bataille d’opinion multidimensionnelle, en investissant massivement les plateaux de télévision, les réseaux sociaux et le travail de terrain dans les quartiers.
Ce mot d’ordre intervient dans un contexte institutionnel hautement inflammable, marqué par le retour stratégique d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale. Pour le parti, la préservation d’une posture pacifique et organisée constitue désormais l’unique trajectoire pour contourner les blocages et sécuriser la voie vers la souveraineté en 2029.
Cet article Le parti au pouvoir, PASTEF-Les Patriotes, sonne le rappel des troupes face à ce qu’il qualifie de « piège systémique » destiné à le criminaliser. est apparu en premier sur KEWOULO.