Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, a lancé un appel à la concertation autour du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, dans un contexte marqué par des désaccords persistants sur le texte budgétaire. Tout en réaffirmant sa préférence pour le dialogue, le chef du gouvernement a prévenu que l’exécutif pourrait recourir aux mécanismes institutionnels si le blocage venait à se prolonger.
« Si un blocage doit perdurer, nous allons utiliser tous les outils institutionnels », a déclaré Ahmadou Al Aminou Lô lors de sa conférence de presse. Une déclaration qui traduit la volonté du gouvernement de parvenir à une issue au différend, sans exclure d’autres voies si les discussions n’aboutissent pas. Le Premier ministre n’a toutefois pas précisé les mesures auxquelles l’exécutif pourrait recourir.
Le dialogue plutôt que l’affrontement institutionnel
Malgré cet avertissement, le chef du gouvernement a tenu à écarter, à ce stade, la perspective d’une confrontation institutionnelle. Il estime que le contexte actuel commande davantage la recherche d’un compromis que l’escalade politique, alors que le Sénégal se prépare à accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse.
« Comment imaginer s’offrir le luxe d’engager la responsabilité du gouvernement avec la majorité alors qu’on attend les athlètes », s’est-il interrogé. À travers cette déclaration, Ahmadou Al Aminou Lô a mis en avant les enjeux liés à cet événement international pour justifier son appel à l’apaisement et à la recherche d’un terrain d’entente.
Le Premier ministre semble ainsi vouloir éviter que les divergences autour de la LFR 2026 ne débouchent sur une crise institutionnelle susceptible de compliquer davantage le climat politique. Pour autant, il n’a pas renoncé à la possibilité d’activer les leviers institutionnels si aucune solution consensuelle n’est trouvée.
Un appel direct au PASTEF
Dans cette perspective, Ahmadou Al Aminou Lô a réitéré sa préférence pour la concertation, rappelant que le dialogue constitue, selon lui, une voie essentielle pour dépasser les désaccords. « Nous préférons le dialogue. Le Sénégal est un pays de dialogue », a-t-il affirmé.
Le chef du gouvernement a également adressé un message au PASTEF, appelant ses responsables à « se ressaisir et se retrouver sur l’essentiel ». L’objectif affiché est de favoriser un rapprochement autour du projet de loi de finances rectificative, dont l’issue constitue un enjeu important pour la conduite de la politique budgétaire du gouvernement.
Cet appel souligne la nécessité, aux yeux du Premier ministre, de dépasser les divergences politiques pour parvenir à un accord sur le texte. Reste à savoir si cette volonté de concertation permettra de lever les points de blocage et de dégager une position commune.
La recherche d’une issue au cœur des enjeux
« Le monde nous regarde », a insisté Ahmadou Al Aminou Lô, soulignant l’importance de trouver une issue au désaccord autour de la LFR 2026. Cette formule résume l’urgence qu’il entend donner à la recherche d’un compromis, dans un contexte où les enjeux budgétaires et institutionnels se conjuguent aux préparatifs d’un rendez-vous sportif international.
Entre ouverture au dialogue et mise en garde contre la prolongation du blocage, le Premier ministre maintient ainsi deux options : privilégier la concertation pour parvenir à un accord, tout en laissant ouverte la possibilité d’un recours aux mécanismes institutionnels. La suite des discussions permettra de mesurer la capacité des différentes parties à dépasser leurs divergences et à s’entendre sur le texte budgétaire.