​L’imposture, c’est de travestir le droit pour servir un combat politique ( Par Patrice Serge Sylva ) 

  

M. Thierno Bocoum persiste à présenter comme une irrégularité juridique ce qui relève en réalité du fonctionnement normal de la procédure parlementaire.

Quand on veut défendre l’État de droit, il faut éviter les procès d’intention et privilégier la rigueur juridique.

Qualifier une réforme constitutionnelle d’« imposture » ne constitue pas un argument de droit. C’est avant tout un jugement politique. Sur le fond, la discussion mérite mieux que les slogans et les mots excessifs.

Oui, toute réforme institutionnelle doit respecter les règles de recevabilité, de finances publiques et de contrôle constitutionnel. Mais réduire le débat à une prétendue « imposture » sans examiner sérieusement la logique des amendements revient à masquer la complexité juridique derrière l’indignation politique.

La réalité est pourtant simple : le droit d’amendement existe précisément pour améliorer, corriger ou préciser un texte au cours de la procédure parlementaire. Présenter toute modification comme l’aveu d’une irrégularité initiale revient à nier le fonctionnement même du Parlement. Une correction apportée à un texte peut viser à lever une difficulté, à clarifier une compétence ou à mieux encadrer une institution.

Sur la Cour constitutionnelle, personne ne conteste qu’elle doit demeurer un organe indépendant, garant de la Constitution et protecteur des libertés.

Mais il faut aussi éviter d’attribuer à Pastef une volonté de se soustraire au contrôle constitutionnel sans démonstration rigoureuse. Si des réserves existent, qu’elles soient établies juridiquement, article par article, plutôt qu’emballées dans des accusations morales ou des procès d’intention.

Le vrai débat n’est pas dans les formules choc. Il est dans l’analyse précise des dispositions proposées et de leurs effets réels sur nos institutions.

Ce pays a besoin de rigueur, pas de théâtre.
Il a besoin de débats solides, pas de verdicts prématurés.
Il a besoin d’institutions fortes, respectées et capables de servir durablement l’intérêt général.

Les institutions de la République méritent mieux que les caricatures et les effets de manche. Elles méritent de l’honnêteté intellectuelle, du respect pour le droit et de la considération pour l’intelligence des citoyens.

Pastef reste attaché à la transparence, à la souveraineté populaire, au renforcement de l’État de droit et au contrôle constitutionnel.

Les débats sont légitimes et nécessaires, mais ils doivent être conduits sur le terrain du droit, des faits et des principes, non sur celui de la surenchère politique.

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