Paris accueille, mardi 10 mars, le deuxième sommet mondial sur l’énergie nucléaire civile. Parmi les chefs d’État attendus à cet événement, le président rwandais Paul Kagame qui, pour la première fois depuis quelques années, exprime ouvertement son ambition de diversifier sa production énergétique par l’énergie nucléaire. La veille, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a conclu une première mission d’examen intégré de l’infrastructure nucléaire à Kigali. Objectif : évaluer l’état d’avancement de la stratégie et formuler des recommandations.
C’est une démarche qui a été lancée depuis plusieurs années : celle de doter le Rwanda d’énergie nucléaire civile. « Nous avons déjà réalisé une étude de préfaisabilité où nous avons présélectionné des sites potentiels qui pourraient accueillir une centrale nucléaire », explique le docteur Fidele Ndahayo, président du Bureau rwandais de l’énergie atomique (RAEB), créé en 2020 pour superviser le secteur dans le pays.
« Nous avons aussi effectué une première évaluation de notre réseau électrique pour voir dans quel état il se trouve actuellement et vérifier s’il est prêt à recevoir l’électricité qui sera produite par l’énergie nucléaire. »
Autre avancée réalisée : la rédaction de régulations du secteur nucléaire. Parmi les principales sources de production d’énergie dans le pays aujourd’hui : les barrages et centrales hydrauliques, et le gaz méthane du lac Kivu. Mais le Rwanda cherche à diversifier son approche énergétique.
« Nous anticipons, dans les prochaines années, un déséquilibre entre la demande d’énergie et la production. Aujourd’hui, avec les technologies de petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR) que nous souhaitons utiliser, nous travaillons avec comme objectif d’avoir une première unité produisant de l’électricité au Rwanda au début des années 2030 », précise le docteur.
Un projet à long terme. Au début de la visite de l’AIEA au Rwanda, les experts de l’agence internationale ont rappelé que le processus de développement de l’énergie nucléaire prend généralement entre dix et quinze ans de travail.
Kigali accueillera d’ailleurs au mois de mai le sommet sur l’innovation en énergie nucléaire en Afrique. Aujourd’hui, l’Afrique du Sud est le seul pays du continent à avoir une centrale nucléaire en opération.
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