​Sénégal : Le directeur de carrefour médical branche le secteur de la dialyse 

  

Lors des obsèques de son ami Ismaïla, Saliou Mboup, Directeur général de Carrefour Médical, a levé le voile sur les coulisses du marché de la dialyse au Sénégal. Entre accusations de monopole et ambitions industrielles, le patron brise l’omertà sur un business estimé à plusieurs milliards de francs CFA.
Le déclic d’un combat personnel
C’est un deuil qui libère la parole. Devant l’assistance, Saliou Mboup a lié son engagement à la trajectoire médicale de son défunt ami. Le coût exorbitant de son traitement – environ 10 millions de FCFA par an pour trois séances hebdomadaires – a servi de révélateur. Le patron de Carrefour Médical affirme avoir découvert l’envers du décor : des listes d’attente interminables mettant des vies en péril, mais surtout des acteurs s’enrichissant sur le dos de la maladie grâce à une situation de quasi-monopole sur les consommables de dialyse.
Un investissement de 6 milliards pour briser les monopoles
Pour contrer la dépendance aux importations, Carrefour Médical passe à l’offensive industrielle. L’entreprise annonce un investissement de plus de 6 milliards de FCFA pour la construction d’une usine de production locale de kits de dialyse. Objectif affiché : casser les prix. Selon M. Mboup, ce projet permettrait à l’État d’économiser 2 à 3 milliards de FCFA par an, des fonds potentiellement réorientables vers le recrutement de personnel soignant.
Entre dénigrement et blocages présumés
Ce virage industriel ne se ferait pas sans résistance. Le dirigeant dénonce un blocage de son projet depuis deux ans, orchestré selon lui par des réseaux d’importateurs soucieux de protéger leurs rentes. Ce n’est pas une première pour l’homme d’affaires, qui rappelle avoir déjà essuyé une « campagne de dénigrement » sur la qualité de ses équipements lors de la première vague d’ouverture de centres entre 2010 et 2011.
Un secteur en pleine mutation
Si les accusations de pratiques anticoncurrentielles n’engagent pour l’heure que leur auteur, le paysage de la néphrologie sénégalaise a radicalement changé. Le pays est passé de deux centres de traitement en 2010 à une trentaine aujourd’hui, devenant une référence sous-régionale. En coulisses, les lignes bougent : le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique s’est récemment saisi du dossier pour durcir le respect de la réglementation, signalant que le statu quo n’est plus une option.

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