À l’approche de la déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, le coordonnateur du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), Modou Diagne Fada, hausse le ton contre le pouvoir en place.
Dans une sortie relayée par le journal L’Observateur, l’ancien ministre estime que l’opposition s’attend à voir le chef du gouvernement « respecter plus ou moins les délais », dans un contexte marqué par une « assemblée hostile ». Il s’interroge également sur l’éventualité d’un vote de confiance ou du dépôt d’une motion de censure.
Modou Diagne Fada dénonce par ailleurs un « jeu de ping-pong entre l’Exécutif et le Législatif », désormais régulé, selon lui, par le Conseil constitutionnel. À l’en croire, « le pays n’a pas bougé depuis deux ans » et il ne faudrait donc pas s’attendre à de grands bouleversements dans les prochains mois.
Économie : le FDR réclame une rupture
Sur le terrain économique et institutionnel, le coordonnateur du FDR revendique une ligne d’« opposition républicaine, mais très ferme sur les principes ». Il appelle notamment le Premier ministre à « rassurer davantage les partenaires techniques et financiers » et à opérer une rupture claire avec son prédécesseur, Ousmane Sonko, notamment sur les relations avec les institutions de Bretton Woods.
Pour Modou Diagne Fada, « l’environnement des affaires a besoin d’être assaini ». Il estime également que le régime Pastef n’a pas tenu ses promesses sur plusieurs dossiers prioritaires, notamment le chômage, l’immigration irrégulière et la situation du secteur du BTP.
Calendrier électoral et pouvoir d’achat au cœur des préoccupations
Le coordonnateur du FDR réclame également des réponses précises sur le « respect du calendrier républicain ». Parmi les principales interrogations soulevées figurent la date des prochaines élections locales, la possibilité d’organiser des législatives anticipées ou encore une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale.
La hausse récente des prix du carburant et des denrées de première nécessité constitue également un autre sujet d’inquiétude pour l’opposition. Modou Diagne Fada s’interroge ainsi sur les mesures susceptibles de préserver le pouvoir d’achat des ménages sénégalais.
Une situation qui nourrit, selon lui, un constat sévère sur l’action du gouvernement. « Malheureusement, avec le régime qui est en place, souvent il n’y a rien », déplore-t-il, avant de réaffirmer son sentiment : « le pays ne bouge pas ».