Imaginez que vous possédiez un magnifique terrain familial (le gisement de gaz Yakaar-Teranga). Comme vous n’avez pas les moyens de construire seul, vous signez un contrat avec un promoteur étranger (les compagnies Kosmos/BP).
1. Le désaccord sur le plan (L’enjeu)
Le promoteur veut construire des villas de luxe pour les louer à des touristes étrangers en dollars. C’est là qu’il gagne le plus d’argent (c’est l’exportation du gaz vers l’Europe).
Mais vous, vous dites : “Non ! Je veux un immeuble familial pour que mes enfants et mes voisins y logent à bas prix. Je ne veux plus payer de loyer ailleurs” (c’est le Gas-to-Power, pour avoir de l’électricité moins chère au Sénégal).
2. L’Épée de Damoclès et le « Cut Loss » (Le bras de fer)
Le promoteur refuse de changer ses plans. Alors, vous sortez le contrat et vous lui dites : “Le règlement dit que si vous ne construisez pas ce dont j’ai besoin, vous perdrez vos droits sur mon terrain.”
C’est l’Épée de Damoclès : vous utilisez la loi pour lui mettre la pression. Coincé, le promoteur préfère partir. Pour sauver le reste de son capital, il accepte de « couper ses pertes » (le Cut Loss) : il abandonne les clôtures et les fondations déjà payées (les 75 milliards de FCFA perdus par Kosmos) et vous rend les clés. Vous récupérez 100 % de votre terrain gratuitement, avec des travaux déjà entamés.
3. L’épouvantail de la « Bancabilité » (Le chantage)
En partant, le promoteur crie dans tout le quartier : “Ce projet d’immeuble familial n’est pas bancable ! Aucune banque ne lui prêtera d’argent !”
C’est son épouvantail. Ce qu’il veut dire, c’est que ses banques habituelles ne sont pas intéressées par un projet social. Il essaie de vous faire peur pour vous faire croire que vous avez échoué et que vous ne trouverez jamais de financement.
4. Le « Mur » devient une « Fondation » (L’avenir)
Le coût des travaux restants est entre 4 et 5 milliards de dollars (le Mur financier).
• Pour le promoteur, c’était un mur infranchissable car il ne pensait qu’au profit immédiat.
• Pour vous, c’est une fondation pour l’avenir de votre pays.
Désormais seul maître chez vous, vous pouvez aller voir d’autres bâtisseurs (Chine, pays du Golfe, ou même l’épargne des Sénégalais) qui acceptent de construire votre immeuble familial car ils veulent un partenariat solide et respectueux, basé sur la consommation réelle du Sénégal et non sur la spéculation mondiale.
En résumé : Le Sénégal a utilisé son contrat comme une arme pour chasser un partenaire qui ne pensait qu’à lui. En poussant l’investisseur au « Cut Loss », l’État a gagné le droit de décider. Le défi est maintenant de choisir le bon bâtisseur qui acceptera de construire pour les Sénégalais, et non pour les marchés étrangers.
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