La bataille autour de la réélection de Gianni Infantino à la tête de la FIFA prend une nouvelle tournure. Le prince Ali bin al-Hussein, président de la Fédération jordanienne de football et critique déclaré du patron du football mondial, risque des sanctions disciplinaires après avoir dénoncé des pratiques qu’il juge contestables au sein de la Confédération asiatique de football (AFC).
Le différend a éclaté à la suite du congrès de l’AFC organisé la semaine dernière à Tokyo. Le dirigeant jordanien accuse Gianni Infantino d’avoir utilisé ce rendez-vous pour consolider ses chances de décrocher un nouveau mandat à la présidence de la FIFA.
Selon le prince Ali, la dernière journée de cette rencontre aurait été marquée par un climat politique particulièrement tendu. Il affirme que les participants n’ont pas eu la possibilité de prendre la parole librement, de poser des questions ou encore de s’exprimer devant les médias. Il a également dénoncé des faits présumés de coercition, de menaces et de corruption, sans rendre publiques des preuves venant étayer ses accusations.
L’AFC saisit ses instances disciplinaires
Les déclarations du président de la Fédération jordanienne n’ont pas tardé à provoquer une réaction de l’instance asiatique. L’AFC a annoncé son intention de transmettre le dossier aux organes judiciaires compétents afin qu’ils examinent les propos du dirigeant et déterminent si des mesures disciplinaires doivent être prises.
La Confédération a qualifié ces accusations de graves et infondées. Une procédure pourrait donc être engagée contre le prince Ali, même si aucune sanction définitive n’est annoncée à ce stade.
Cette affaire intervient dans un contexte particulièrement sensible pour Gianni Infantino. Le président de l’AFC, le cheikh Salman bin Ibrahim al-Khalifa, a en effet affiché son soutien à la candidature du dirigeant italo-suisse pour un nouveau mandat à la tête de la FIFA. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 18 novembre.
Des accusations déjà formulées en août
Les relations entre Gianni Infantino et le prince Ali bin al-Hussein sont tendues depuis plusieurs mois. En août dernier, le dirigeant jordanien avait déjà accusé le patron de la FIFA de chantage.
Il affirmait alors que des responsables de l’instance mondiale lui auraient proposé d’accélérer le versement de primes destinées à la Fédération jordanienne en échange d’un soutien à la candidature d’Infantino. Ces accusations, comme les plus récentes, doivent être distinguées de faits établis.
Malgré cette controverse, Gianni Infantino continue de mettre en avant l’appui dont il bénéficierait auprès des associations membres de la FIFA. Il avait notamment évoqué un soutien massif à sa démarche, alors que le projet FIFA Forward Enterprise avait suscité des interrogations avant d’être finalement abandonné.
À l’approche de l’échéance électorale, cette nouvelle confrontation met en lumière les divisions qui traversent les instances du football international. Reste désormais à savoir si les accusations du prince Ali déboucheront sur une procédure disciplinaire et quelles conséquences cette affaire pourrait avoir sur les relations entre la FIFA, l’AFC et la Fédération jordanienne.