Arboviroses : fièvre élevée, douleurs musculaires, maux de tête… Le docteur Ababacar Lèye alerte sur les risques de complications et insiste sur la prévention contre les moustiques.
La vigilance est de mise dans le district sanitaire de Ndiormi, dans la région de Kédougou. Trois cas de dengue ont été signalés, selon le Dr Ababacar Lèye, médecin-chef du centre secondaire de Ndiormi. Face à la circulation de ces infections virales, particulièrement présentes dans les régions tropicales, le praticien appelle les populations à reconnaître les symptômes et à consulter rapidement afin d’éviter les complications.
Dans un entretien consacré aux arboviroses, le médecin rappelle que ces maladies peuvent présenter des manifestations similaires à celles du paludisme, rendant leur diagnostic parfois difficile. Les principaux signes d’alerte sont une fièvre élevée, pouvant dépasser 38,5 °C et atteindre 40 °C, des douleurs musculaires intenses ainsi que de violents maux de tête.
« Les manifestations des arboviroses sont parfois les mêmes que celles du paludisme », explique le docteur Ababacar Lèye, qui insiste sur la nécessité d’une prise en charge précoce.
Parmi les arboviroses figurent notamment la dengue, le chikungunya et certaines fièvres hémorragiques, dont la fièvre hémorragique de Crimée-Congo et la fièvre de la vallée du Rift. Dans les formes graves, des saignements anormaux peuvent survenir, notamment au niveau du nez, ainsi que des vomissements sanglants. Ces manifestations nécessitent une prise en charge médicale urgente.
Trois cas de dengue recensés dans le district
À Ndiormi, la surveillance sanitaire a permis de détecter trois cas de dengue. Selon le médecin-chef, cette identification repose sur la vigilance des équipes de santé et la réalisation de prélèvements dès l’apparition de symptômes évocateurs. Les échantillons sont ensuite analysés avec l’appui de la station de l’Institut Pasteur basée à Kédougou, les résultats étant transmis par les circuits sanitaires compétents.
Le praticien souligne que la période de fin d’hivernage est propice à une recrudescence des consultations pour des symptômes susceptibles d’évoquer une arbovirose, notamment la dengue. Transmise par la piqûre de moustiques du genre Aedes, la dengue présente une période d’incubation généralement comprise entre trois et quatorze jours, selon les indications du médecin.
Si la maladie évolue souvent favorablement, elle peut toutefois provoquer des complications graves, voire mortelles. « Nous n’avons pas de traitement spécifique contre la dengue. Nous assurons une prise en charge symptomatique. Lorsqu’on intervient tôt, on augmente les chances d’une évolution favorable », explique le Dr Lèye.
Le médecin précise que les cas enregistrés dans son district ont connu une évolution favorable, sans décès signalé parmi les patients pris en charge.
Les moustiques, principales cibles de la prévention
Face au risque de transmission, le médecin-chef appelle à renforcer les mesures de prévention, en particulier la lutte contre les moustiques et leurs gîtes larvaires. Il recommande l’utilisation de répulsifs, le port de vêtements couvrants et l’élimination des eaux stagnantes susceptibles de favoriser la prolifération des moustiques.
Il préconise également des opérations de lutte antivectorielle, notamment les traitements adaptés des espaces concernés.
Contrairement aux moustiques responsables du paludisme, qui piquent principalement la nuit, les moustiques Aedes peuvent piquer pendant la journée. Une vigilance permanente est donc nécessaire, y compris en dehors des heures de sommeil.
À Kédougou, l’enjeu est de prévenir les formes graves grâce à une détection rapide des cas, une prise en charge médicale appropriée et une mobilisation des communautés autour des gestes de prévention.
Le message du docteur Ababacar Lèye est clair : devant une fièvre élevée accompagnée de violents maux de tête et de douleurs musculaires, il faut consulter rapidement un professionnel de santé et éviter l’automédication.