​Situation du pays : Vous êtes tous responsables ( Par Serigne Mbacké Ndiaye) 

  

Notre pays vit une situation grave du fait de ce qui se passe à l Assemblée Nationale. PASTEF est indexé mais les Députés qui ne sont pas de ce parti sont aussi responsables que leurs collègues de la majorité.

En effet quand le Doyen d âge Alla Kane, a l ouverture de la présente législature a déclaré “ J ai reçu la lettre de notre collègue Ousmane SONKO demandant la suspension de son mandat”, aucune voix ne s est levée pour montrer que ceci n est pas prévu par le règlement intérieur de l Assemblée Nationale.

Ensuite quand la même Assemblée a révisé le code électoral, certains Députés ont refusé de se joindre aux non inscrits pour introduire un recours devant le Conseil Constitutionnel . Malgré la déclaration de la présidente Aissata Tall qui promettait une saisine du Conseil Constitutionnel, le Groupe parlementaire Takku a suivi les conseils de Mame Mbaye Niang de ne faire saisir cette instance. Finalement, cette révision du code électoral est passé comme lettre à la poste. Alors reconnaissons que l opposition est aussi sinon plus responsable que la Majorité

Trois mesures fortes pour sauver le Sénégal
Notre pays traverse une crise politique sans précédent, marquée par :
•⁠ ⁠une rupture entre le président de la République et son ancien Premier ministre, président de son parti (PASTEF), qui l’avait soutenu à l’élection présidentielle ;
•⁠ ⁠une Assemblée nationale dominée et contrôlée par l’ancien Premier ministre, devenu principal adversaire du président de la République ;
•⁠ ⁠des collectivités territoriales dont beaucoup de maires ont transhumé, et celui de la capitale a été destitué.

Dans un tel contexte politique, beaucoup d’institutions perdent leur légitimité. Si l’on sait que tous les problèmes sont d’abord des problèmes politiques parce que c’est la politique qui détermine les orientations économiques, on est en droit de rechercher à donner une légitimité en faveur des élus, légitimité sans laquelle il n’y a pas de soutien populaire et social ; et sans soutien social et populaire, toute initiative prise par les gouvernants est vouée à l’échec.

Il est également constant que notre Assemblée nationale, fortement dominée par le PASTEF, est en mesure de rejeter les budgets proposés par l’exécutif, les accords signés par le gouvernement, de voter des motions de censure, de neutraliser le président de la République en diminuant par un vote ses pouvoirs, etc.

Une telle situation de crise n’encourage pas les bailleurs à venir investir au Sénégal, bien au contraire. Il me paraît donc indispensable d’organiser des élections générales anticipées. Ainsi, les Sénégalais seraient appelés aux urnes dès le mois de décembre pour élire un président, des députés et des maires qui auront tous la confiance du peuple sénégalais. Dans des pays développés comme la France, on assiste assez souvent à l’organisation d’élections anticipées pour clarifier le jeu politique ; pourquoi pas chez nous ?
Alors, je lance un appel au chef de l’État pour organiser des concertations avec les partis politiques, l’Assemblée nationale et le Conseil constitutionnel afin de prendre les dispositions idoines dans cette perspective.

La deuxième mesure qu’il faudrait prendre, à mon humble avis, est l’organisation d’un Forum des Amis du Sénégal. Pour ce faire, l’État devra impliquer toutes les compétences nationales pour mobiliser toutes les personnes physiques ou morales, en vue d’un financement intensif de notre pays par nos différents amis.

Les anciens Premiers ministres, les anciens ministres des Finances, la diplomatie religieuse, de fortes personnalités telles que Mamadou Diagna Ndiaye, Youssou Ndour, Pierre Goudiaby Atepa, Malick Gakou, Amir Abo Mbacké, pour ne citer que celles-là, sont en mesure de faire annuler une bonne partie de la dette que le Sénégal doit à ses partenaires ou de faire financer nos grands projets. Voilà la pertinence de ce Forum des Amis du Sénégal.

Enfin, nous devrons tous travailler à apaiser le climat politique pour encourager nos partenaires. Sous ce registre, il me paraît indispensable, non pas de faire cesser les poursuites engagées, mais de mettre en liberté provisoire des hommes et des femmes dont la détention préventive n’est pas indispensable ; ainsi, après avoir salué la liberté provisoire du ministre Moustapha Diop, je pense à Maodo Malick Mbaye, Khadim Ba, Dane Sarr, Tabaski Ngom, Mamadou Gueye, Pape Malick Ndour, etc. Il est évident que sans un climat apaisé, rien ne saurait se réaliser.

Alors, Monsieur le président de la République, Monsieur le président de l’Assemblée nationale, camarades leaders politiques, oublions nos modestes personnes pour engager ce débat de fond, sans lequel je ne vois pas de solution de sortie de crise. Bien sûr, le dernier mot revient au gardien de la Constitution, clef de voûte de nos institutions, qui, en s’appuyant sur le Conseil constitutionnel, devra sauver notre pays.

M. Ministre Serigne Mbacké Ndiaye

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