​Ousmane Sonko brandit la menace d’une chute du gouvernement, tout en appelant à la stabilité 

  

La confrontation entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye semble franchir un nouveau cap. Lors d’une déclaration à la presse, le leader de Pastef a affirmé disposer des leviers politiques et institutionnels nécessaires pour renverser le gouvernement dirigé par Ahmadou Alamine Mohamed Lo, tout en assurant ne pas vouloir engager une telle épreuve de force à ce stade.

Face aux journalistes, l’ancien Premier ministre a rappelé que son camp conserve le contrôle de l’Assemblée nationale, un atout qu’il considère déterminant dans l’équilibre actuel des pouvoirs. « Nous contrôlons l’Assemblée nationale et je peux faire tomber ce gouvernement dès demain », a-t-il déclaré.

Poursuivant son argumentaire, Ousmane Sonko a laissé entendre que la majorité parlementaire dispose de la capacité de renouveler l’exercice autant de fois que nécessaire. « Je peux répéter le processus chaque fois », a-t-il lancé.

Une démonstration de force nuancée

Malgré ces propos offensifs, le président de Pastef affirme ne pas vouloir provoquer une crise institutionnelle. « Nous ne cherchons pas à bloquer le pays », a-t-il assuré, soulignant que sa priorité reste la poursuite du projet politique porté par son parti depuis son accession au pouvoir.

« En 2029, nous allons continuer le schéma de Pastef », a-t-il ajouté, réaffirmant sa volonté de maintenir sa formation politique au cœur de la majorité, malgré les tensions désormais ouvertes avec le chef de l’État.

Dans la même veine, Ousmane Sonko a tenté de rassurer sur ses intentions immédiates. « Nous n’allons pas utiliser l’Assemblée nationale pour combattre Diomaye, à moins qu’il ne commence le combat », a-t-il déclaré. Toutefois, il estime que le camp présidentiel a déjà engagé les hostilités sur le terrain institutionnel. « Ils ont commencé en allant au Conseil constitutionnel », a-t-il soutenu.

Sans fournir davantage de précisions, l’ancien chef du gouvernement a affirmé être informé de manœuvres politiques visant son camp. « Nous savons ce qu’ils trament », a-t-il affirmé.

Le choix stratégique des législatives revendiqué

Ousmane Sonko considère également que les difficultés actuelles confirment la pertinence de son choix de présenter Pastef seul aux dernières élections législatives, plutôt qu’au sein d’une coalition.

« C’est comme si j’avais vu venir les choses en refusant d’aller aux législatives avec une coalition », a-t-il déclaré. Selon lui, cette option permet aujourd’hui à Pastef de préserver son autonomie politique et de conserver la maîtrise de sa majorité parlementaire.

Concluant son intervention sur un ton résolument combatif, le leader de Pastef s’est présenté comme la cible d’un vaste dispositif destiné à l’affaiblir politiquement. « Le complot ne saurait prospérer, même si tout un système est contre moi », a-t-il lancé.

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